Appel à communication Journée d’Étude « Enquêtes en tous genres » Le 20 juin 2019 Université de Nantes

Deadline: 10/03/2019

Appel à communication

Journée d’Étude

« Enquêtes en tous genres »

Le 20 juin 2019

Université de Nantes

Argumentaire

Si le rapport au terrain est généralement étudié sous l’angle de l’origine sociale, du statut social ou de l’âge, le caractère sexué de la relation d’enquête est au contraire très souvent neutralisé dans les descriptions méthodologiques. Les analyses réflexives qui interrogent la construction du genre et la dimension sexuée des interactions pendant la recherche ont été adoptées notamment par des chercheuses confrontées à des terrains marqués par une forte présence masculine. On observe toutefois dans les publications récentes, l’émergence d’une réflexion autour de la question des sexualités et de leur rôle dans l’accès au terrain.

En effet, le genre du chercheur ou de la chercheuse contribue à assigner des positions qui sont plus ou moins avantageuses dans l’accès à différents espaces sociaux, à certaines informations et données, à la parole des enquêté.e.s, mais aussi à un maintien sur le terrain et, a posteriori, à un type d’analyse produit au sujet du terrain mené. Si l’étude de ces enjeux contribue par ailleurs à comprendre les normes de genre, elle peut également être révélatrice des hiérarchies et des logiques de domination propre au milieu investigué.

Cette journée d’étude entend poursuivre cette réflexion et révéler la confrontation constante du chercheur et de la chercheuse à son propre sexe et à sa propre sexualité lors du temps de l’enquête. Dans cette perspective, il conviendra de réfléchir aux différentes phases de la production de connaissances scientifiques : des conditions d’accès au terrain en passant par le déroulé même de l’enquête et jusqu’à ses implications sur les données produites. Quelles sont les implications d’une recherche sur un terrain qui n’est pas « de son genre » ? Certains espaces sont-ils plutôt fermés ou au contraire plus facilement accessibles à l’un ou l’autre sexe ? Dans cette perspective, le genre de l’enquêteur-trice sera à considérer comme une variable parmi d’autres (appartenance sociale, âge, etc.) et les propositions adoptant une approche intersectionnelle de la question seront valorisées. Ainsi abordé, le thème de sexualisation de la relation d’enquête se révèle ouvert à de multiples contributions présentant des recherches empiriques portant sur diverses époques et contextes comme sur différents groupes sociaux (nationaux, professionnels, ethniques, sexués, etc.).

La thématique générale pourra être abordée suivant deux sous-axes :

1. Faire, défaire ou faire avec son genre et le genre des enquêtés

Ce premier axe se focalisera tant sur ce que le terrain fait à l’enquêteur-trice que sur les stratégies mobilisées par il ou elle pour y accéder, s’y maintenir, instaurer une relation de confiance avec les enquêté. e. s. Il s’agira d’un côté de montrer comment la structure sociale du terrain peut représenter une contrainte ou au contraire une ouverture en fonction du sexe du chercheur ou de la chercheuse.

Cette perspective invite à analyser les difficultés, les blocages et les éventuels abandons, mais aussi les avantages, les facilitations, et les opportunités que le genre de l’enquêteur.trice implique.

2. L’objectivation et la production scientifique au prisme de l’analyse réflexive sur le genre

Par ailleurs, cette journée entend envisager cette identité sexuée comme condition singulière de réalisation de l’enquête ayant nécessairement un impact sur les résultats de celle-ci. Il s’agira d’un côté de réfléchir aux implications a posteriori du travail de recueil : produit-on des enquêtes d’homme et des enquêtes de femme ? Comment neutraliser l’effet du genre du chercheur ou de la chercheuse, et est-ce souhaitable ? Si non, comment intégrer cette condition de production de données à l’analyse et à la restitution des résultats ? Il s’agira également de montrer comment ce type d’analyse réflexive peut permettre de révéler les logiques et les normes sociales en oeuvre dans le monde enquêté.

Cette journée d’étude s’inscrit dans une sociologie du genre, mais aussi des rapports de domination plus généraux. Les discussions ne devront ainsi pas négliger les rapports sociaux de classe, d’âge et race qui sous-tendent les rapports sexués par ailleurs. Sur la base de travaux scientifiques récents et originaux, les communications devront proposer, dans une perspective d’auto-socioanalyse, l’étude de situations d’enquête contextualisées et leurs implications sur la production de connaissances. La journée d’étude vise la confrontation de divers travaux menés au sein du monde académique et est ainsi ouverte aux différentes disciplines de sciences sociales.

Modalités de soumission de propositions

Nous attendons vos propositions de communication (maximum 1500 signes) pour le 10 mars 2019 à l’adresse jegenreterrain@gmail.com. Vos propositions doivent présenter votre nom et prénom, votre adresse email et votre statut, le titre et le projet de communication lui-même ainsi que l’axe où s’inscrit la proposition.

Réponses aux propositions retenues pour le 5 avril 2019.

Organisation :

Angeliki Drongiti (Université Paris 8 – CSU)

Alice Lermusiaux (Université de Nantes – CENS)

Mélodie Renvoisé (Université Nantes – CENS)

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