Gender and Migrations (CLIO)

Deadline: 20/06/2018

Clio. Femmes, Genre, Histoire
Appel à contributions « Genre et Migrations », n° 51, printemps 2020

Clio. Women, Gender, History
Call for Papers for issue 51, Spring 2020, on the theme "Gender and Migrations"

Lire l'appel / the whole call (FR & EN) (pdf)


Dans une approche d’histoire globale et transnationale, l’historiographie des migrations a élargi ses horizons et analyse la variation sexuée des migrations dans la longue durée. Elle a montré l’accélération de la mobilité il y a 6000-5000 ans avec le phénomène d’urbanisation ; puis l’intensification des mobilités et interactions du VIème au XVIème siècle avec le développement des échanges commerciaux ou de travail entre différentes espaces (Harzig et Hoerder, 2009). Du VIème au XVème siècle, les traites méditerranéenne, transsaharienne et orientale, puis du XVème au XIXème siècle la traite atlantique entraînent la migration forcée et la mise en esclavage d’un nombre considérable d’hommes et de femmes (Coquery-Vidrovitch 2018) ; ces dernières sont principalement convoitées pour le travail domestique et reproductif, tandis que dans l’espace transatlantique, les hommes sont au contraire davantage recherchés comme main-d’oeuvre dans l’économie de plantation (Campbell et al. 2007). Avec le développement de l’industrialisation au cours du XIXème, la masculinisation des migrations s’accentue dans toutes les régions du monde (Gabaccia, 2015), tandis qu’aujourd’hui, la demande de main-d’oeuvre dans les emplois de service et de care a pour effet une féminisation des migrations. Les tendances générales ne doivent cependant pas masquer les spécificités de certains groupes, qui conduisent par exemple à une surféminisation des migrations de domestiques au XIXème siècle (Green, 2012).
Avec des contributions portant sur des espaces divers et couvrant différentes périodes (de l’Antiquité, voire de la préhistoire à la période contemporaine), ce numéro de Clio souhaite interroger le genre des migrations à la lumière des renouvellements historiographiques. Le terme « migrations » du titre se réfère à une diversité de mobilités : temporaires ou de longue durée, sur de courtes ou longues distances, volontaires ou non-volontaires, collectives ou individuelles, etc. Les analyses récentes intégrant le concept de genre dans l’étude des migrations ne se limitent plus à la famille et à l’espace domestique mais s’intéressent, de façon plus large, au processus migratoire qui est étudié comme un phénomène genré dans son ensemble. Elles tentent de lier les parcours des migrant.e.s aux normes sociales et aux systèmes étatiques, sociaux et économiques, comme, par exemple, la traite, le capitalisme industriel ou l’État-providence. Analysant de nouvelles sources, comme la correspondance et différentes publications (journaux, magazines, etc.), des recherches ont montré que les pratiques transnationales des migrant.e.s, par exemple concernant la famille, sont anciennes (Hsu, 2000).
De même, l’agency des personnes face aux contraintes à la mobilité et les stratégies qu’elles mettent en oeuvre sont aujourd’hui davantage prises en compte. Les recherches sont aussi plus attentives aux pratiques et aux subjectivités des migrant.e.s, ainsi qu’aux masculinités et féminités dans les sociétés de départ, traversées et d’arrivée ; elles étudient les changements de
ces masculinités et féminités selon les groupes et les configurations historiques.

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