No Children, No Cry (Sextant)

Deadline: 10/04/2018

No children, no cry

Le slogan féministe des années 1970 « Un enfant si je veux, quand je veux » résonne encore aujourd’hui, tant la maternité est une norme qu’il est difficile d’esquiver. Si la contraception a rendu possible l’espacement et la limitation des naissances, la remise en cause définitive de la maternité est une réalité qui fait difficilement partie des expériences dicibles et audibles des femmes, qu’elles soient en couple ou non. Face à « l’évidence du naturel », devant l’injonction moderne au désir d’enfant, ces femmes sont souvent qualifiées de déviantes, d’anormales, d’égoïstes. Alors que le nombre de femmes refusant par choix la maternité est en augmentation, le phénomène reste encore trop souvent un impensé, la recherche scientifique francophone n’y échappant pas, à de rares exceptions (Badinter, 2010 ; Debest, 2014 ; voir également le dossier coordonné par Gotman et Lemarchant, 2017). En parallèle se développe une parole autour du regret d’être mère, phénomène alors invisible (et indicible) qui a par exemple secoué l’Allemagne en 2016 (Ornath, 2015). Cohabitent avec ces femmes des mouvements et des groupes antinatalistes (se revendiquant féministes mais pas uniquement) qui se font remarquer sur la scène médiatique comme ce fut le cas en Belgique et en France avec la fête des non-parents mais aussi au Canada et aux États-Unis, sans faire l’objet de recherches systématiques.

Dans ce numéro, il nous a semblé nécessaire d’interroger ces mouvements, ces débats et ces trajectoires individuelles autour de la non-maternité des femmes vivant en couples ou non, d’en définir les contours et d’interroger le passé afin de mieux cerner les questionnements actuels. Ce numéro mettra en avant des approches plurielles dans la logique interdisciplinaire de la revue Sextant. Démographes, sociologues, politologues, anthropologues, chercheur.e.s en cinéma, audiovisuel ou littérature et psychologues interrogeront le concept de childfree / SenVol (Debest, 2014) dont l’objet s'insère dans les thématiques suivantes :

 L’histoire de la non-maternité : la non-maternité volontaire est-elle un phénomène récent lié spécifiquement à la contraception moderne? Comment a-t-elle été envisagée dans le passé ? Quelles en sont ces évolutions ? Quelles ont été les manières d’éviter la maternité quand aucune autre possibilité ne s’offrait aux femmes ?

 Le choix individuel et assumé des femmes de ne pas être mère : quels ont été les apports du féminisme? Quelles conséquences ce choix induit-il dans la vie quotidienne? Comment dire et affirmer ce choix dans une société où la maternité reste une norme à atteindre ? Que signifie ne pas être mère aujourd’hui ? Les évolutions de la société (pilule, avortement, divorce etc.) ont-ils eu un impact sur les choix des femmes à ne pas avoir d’enfants ?

 « Regretting motherhood » : Comment exprimer un sentiment de regret maternel quand on a des enfants ? Quelle est l’histoire de ce sentiment ? Qu’est-ce qui le rend si impensable et si peu audible?

 Les représentations des femmes sans enfants dans l’art (cinéma, séries, littérature etc.) : les femmes refusant la maternité sont-elles représentées ? Quel regard ces personnages portent-ils sur ce choix de vie ?

 Injonction à la maternité: quels sont les discours scientifiques, sexologiques et psychologiques sur la maternité et le choix de ne pas à avoir d’enfants ? L’éducation à la sexualité doit-elle passer par l’éducation à la maternité ?

Les propositions d’articles (maximum 300 mots) et une courte biographie (bref CV et description des axes de recherche, maximum 5 lignes), en français ou en anglais, devront être envoyées pour le 15 avril 2018 au plus tard à l’adresse : anne-sophie.crosetti@ulb.ac.be . Les textes complets

comprendront entre 30.000 et 40.000 signes (espaces compris) et devront être rendus pour le 20 juin 2018.

Calendrier :

 15 avril 2018 : date limite pour la réponse

 20 avril 2018 : retour sur les propositions

 20 juin 2018 : envoi des articles

 Publication début 2019

Direction du numéro: Anne-Sophie Crosetti (Université libre de Bruxelles) et Valérie Piette (Université libre de Bruxelles)

Direction de Sextant : Cécile Vanderpelen (Université libre de Bruxelles) et Amandine Lauro (Université libre de Bruxelles)

Comité de rédaction: Muriel Andrin (Université libre de Bruxelles), Jean-Didier Bergilez (Université libre de Bruxelles), Mylène Botbol-Baum (Université catholique de Louvain), Annalisa Casini (Université catholique de Louvain), Natacha Chetcuti-Osorovitz (Université libre de Bruxelles), Nicole Gallus (Université libre de Bruxelles), Claire Gavray (Université de Liège), Nathalie Grandjean (Université de Namur), Stéphanie Loriaux (Université libre de Bruxelles), Bérengère Marques-Pereira (Université libre de Bruxelles), Danièle Meulders (Université libre de Bruxelles), Nouria Ouali (Université libre de Bruxelles), David Paternotte (Université libre de Bruxelles), Charlotte Pezeril (Université Saint-Louis), Valérie Piette (Université libre de Bruxelles)

À propos de Sextant

Créée en 1993 à l’initiative de l’historienne belge Éliane Gubin, la revue Sextant fut la première revue universitaire consacrée aux études sur les femmes et le genre en Belgique.

Multidisciplinaire, elle a longtemps émané directement du GIEF (Groupe interdisciplinaire d’Études sur les Femmes) de l’Université libre de Bruxelles (ULB). Elle porte aujourd’hui sur les questions de genre et de sexualité et est portée par un groupe interdisciplinaire d’enseignant-e-s de l’ULB.

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