Genre, sexualités et normativités dans le passage à la vie adulte

Deadline: 15/09/2017


La Revue Jeunes et société lance un appel à contributions pour un dossier sur le thème Genre, sexualités et normativités dans le passage à la vie adulte coordonné par Gabrielle Richard (Université de Paris-Est Créteil).


Les intentions de contributions (3 000 signes maximum, espaces compris), incluant un titre préliminaire, une présentation du sujet (contexte et positionnement dans la littérature), son traitement (méthodologie) et les principaux résultats, doivent être adressées à rjs@ucs.inrs.ca au plus tard le 15 septembre 2017. Les auteurs dont les propositions sont retenues seront avisés au plus tard le 2 octobre 2017. L'acceptation de l'intention ne présume pas de l'acceptation de l'article, lequel sera soumis à la procédure d'évaluation habituelle de la revue (évaluation par les pairs).

Présentation de la thématique

Les travaux en sociologie du genre – et dans une certaine mesure en sociologie de la jeunesse et de l'éducation – ont mis au jour l'existence de normes sociales genrées. Ces normes de genre réfèrent aux attentes sociales et culturelles ciblant les personnes en fonction de leur assignation de sexe à la naissance, et contribuant à établir lesquels des comportements, des corps et des identités sont considérés « normaux » (attendus, adéquats ou désirables) pour les filles ou pour les garçons (Payne et Smith, 2016). Ainsi, les filles seraient encouragées à se conformer à des standards de féminité, où l'apparence et l'attirance aux yeux des garçons auraient la part belle. On attendrait également d'elles qu'elles soient posées, attentionnées, et qu'elles réussissent bien à l'école (Bouchard, St-Amand et Tondreau, 1996). Les garçons construiraient plutôt leur masculinité à travers des standards de force physique, d'indifférence émotive, par le biais de la prise de risques ou de l'attitude de cancre en classe (Mieyaa, Rouyer et Le Blanc, 2012).

 

Le poids de ces normes se ferait particulièrement sentir lors du passage à la vie adulte. La flexibilité ou la rigueur avec laquelle les jeunes sont appelés à les ratifier interroge les attentes de genre et de sexualité qui sont celles de la vie adulte, et qui peuvent différer en fonction des sociétés, des aires culturelles ou des groupes ethno-socio-économiques auxquels ces jeunes appartiennent (Clair, 2010). Les avantages liés à l'accès au pouvoir et à la popularité conférés aux jeunes se conformant aux attentes les ciblant en fonction de leur sexe biologique (Ringrose et al., 2012) et cherchant activement cette même conformité chez leurs pairs (Duffy et al, 2016) ont été démontrés, mais leur analyse demande à être davantage intersectionnellement située. Celles et ceux qui incorporent inadéquatement ces attentes aux yeux de leurs pairs sont dans plusieurs cas pénalisés, mais à différents degrés. Cela peut être le cas des filles qui sollicitent « trop » l'attention des garçons, des garçons qui sont considérés comme faibles, des adolescent.e.s LGBQ[1], trans, ou perçu.e.s comme tels. C'est ainsi que l'on peut expliquer l'ampleur des phénomènes de violences genrées (incluant les violences sexistes, homophobes ou transphobes) documentés en milieu scolaire, notamment (Payne et Smith, 2016).

 

Étudier la socialisation à ces normes de genre nécessite de considérer les mécanismes d'entrée dans la sexualité et dans les dynamiques de séduction hétérosexuelle. Il ne s'agit pas de dire que la sexualité et la conjugalité sont les balises obligées d'un passage à l'âge adulte, mais de suggérer que la mise en hétérosexualité est probablement la preuve la plus patente d'une mise en genre « réussie » (Richard, 2017). Les mécanismes par lesquels la sexualité hétérosexuelle vient à se développer, mais surtout à être affichée auprès des pairs, peuvent varier. On s'attend des filles qu'elles aient un corps attirant et qu'elles se présentent de manière à être jugée désirables par les garçons, voire par les hommes, tout en préservant une certaine innocence (Tolman, 2006). Dans ce contexte, la mise en couple hétérosexuel confère un statut privilégié aux filles, puisqu'elle confirme à la fois sa désirabilité et sa respectabilité sexuelle. Les rumeurs hétérosexuelles (qui est amoureux de qui), la rédaction d'entrées dans un journal intime, ou l'adoration de personnalités masculines célèbres sont autant de manières de se positionner publiquement comme hétérosexuelles. Les performances de la masculinité sont, elles aussi, étroitement liées à la capacité de prouver son hétérosexualité. Les conversations entre garçons et portant sur les filles, sur leur corps et sur la sexualité en général seraient à comprendre comme de véritables rituels hétéronormatifs dont l'importance serait définitive dans l'étalage d'une masculinité, incluant la démonstration d'une domination sur les filles et sur leurs corps (Lebreton, 2017).

 Consulter l'appel complet pour plus d'informations (pdf).

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