Slow Science et études de genre

06/05/2014

slowscience

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Résumé
Isabelle Stengers
La question des sciences dans le féminisme a une histoire déjà longue et riche. Des "Trois guinées" de Virginia Woolf, puis à la mise en cause du "genre de la science", associée au féminisme de la seconde vague, on en arrive à l'étonnante situation d'aujourd'hui, où il s'agit, en haut lieu, de lutter contre l'image genrée des sciences afin que plus de jeunes filles s'engagent dans la carrière. Mais quelle carrière? Qu'attend-on des chercheuses et des chercheurs en cette époque d'"économie de la connaissance"? Je tenterai de montrer le naufrage de l'image genrée qui fut la cible des critiques anciennes. Aujourd'hui, les chercheurs et chercheuses qui gardent le souvenir d'"avant" sont humilié-e-s, menacé-e-s par le cynisme, et ce n'est pas en soi une bonne nouvelle car la hargne des vaincu-e-s fabrique de féroces chiens de garde de l'ordre établi.
 
La question du genre dans les sciences est devenue une question ouvertement politique, émancipée de tout rapport avec la lutte contre une quelconque essentialisation biologiste de la différence sexuelle. Elle croise désormais la question d'une construction socio-historique qu'il ne s'agit pas d'interpréter mais de transformer. Tel est également l'enjeu du mouvement, encore naissant et balbutiant, que l'on peut associer à l'idée de "slow science". Pour beaucoup de celles et ceux qui s'y associent, il peut s'agir d'un retour au passé où les pratiques de production de savoir étaient respectées. Or du point de vue de la question du genre, le ralentissement des sciences implique tout autre chose car la nostalgie du passé est aussi une nostalgie de ce qui a prétendu à l'exceptionnalité, de ce qui a construit une image de la raison comme genre "non marqué".
Ce n'est pas seulement le respect des exigences propres à la pratique des savoirs scientifiques qui est en question, mais aussi, et peut-être désormais surtout, la capacité des praticiennes et praticiens à entrer en relation avec les questions marquées comme "non scientifiques'' qui sont désormais portées un peu partout par des groupes contestataires. Cette position du problème est en affinité profonde avec ce pour quoi les femmes ont lutté et luttent toujours: pour que nulle position ne puisse définir comme légitime la mise sous silence d'autres, qui sont censées ne pas compter.

Biobibliographie
Isabelle Stengers
Isabelle Stengers, philosophe, travaille à l'Université Libre de Bruxelles. Ses premiers travaux, associés aux recherches d'Ilya Prigogine avec qui elle a écrit, en 1979, La Nouvelle Alliance, ont porté sur le rôle joué par la physique, tant du point de vue des visions du monde qu'elle a inspirées que de celui de modèle de scientificité qu'elle a représenté. Cette réflexion s’est élargie à la question des productions de savoirs et au rôle de l’autorité scientifique dans nos sociétés. Ce qui l’a menée à un engagement politique axé sur la nécessité d’une réappropriation des problèmes que posent le présent et l’avenir par ceux/celles que ces problèmes concernent. C'est ce que traduit la dimension politique prise par ses derniers livres:


La sorcellerie capitaliste, avec Philippe Pignarre, Paris, La Découverte, 2005.
Au temps des catastrophes. Résister à la barbarie qui vient, Paris, Les Empêcheurs de penser en rond/La Découverte, 2009.

Les Faiseuses d’histoires. Que font les femmes à la pensée? avec Vinciane Despret, Paris, Les Empêcheurs de penser en rond/La Découverte, 2011
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Une autre science est possible! Manifeste pour un ralentissement des sciences (suivi de William James. Le poulpe du doctorat, présenté par Thierry Drumm) Paris, les Empêcheurs de penser en rond/La Découverte, 2013.

Biographie Anneleen Kenis
Anneleen Kenis est membre du groupe de recherche en géographie à la KULeuven. Ses recherches portent sur la (dé)politisation, la citoyenneté écologique, les changements climatiques, la polution de l'air, et l'élaboration de mouvements sociaux. En 2012-2013, elle a co-coordonné le groupe d'action  Vrouw en Universiteit. Elle est active dans le mouvement slow slience qui était à l'initiative de l'action GGO à Wetteren en 2011. C'est également une militante et une féministe.

Lieu et coût

Amazone
Middaglijnstraat 10 Rue du Méridien
1210
Bruxelles/Brussel

18h30-20h30

Coût

4€ ou 2€ pour les demandeurs-ses d'emploi, les étudiant-e-s BA/MA et les membres de Sophia

Intervenant-e-s

Une traduction simultanée est prévue - Met simultaanvertaling

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